Activités

Soixante-trois = 57 ???

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Stella Baruk est une familière de l’Alliance. A l’occasion de la sortie de son livre « Naître en français » (Gallimard, 2006), nous avions déjà eu le plaisir de la recevoir àBaruk la bibliothèque de l’Alliance pour qu’elle nous parle de son enfance à Yezd en Iran, à Alep et Damas, en Syrie, et à Beyrouth au Liban, suivant les pérégrinations de ses parents. Joseph et Sara Baruk étaient en effet tous deux anciens élèves de l’Ecole normale israélite orientale, et directeurs d’écoles de l’Alliance.


 

C’est donc en terrain de connaissance que Stella Baruk se retrouvait jeudi 29 mars, au Centre Alliance Edmond J. Safra, héritier de l’ENIO. La Médiathèque Alliance Baron Edmond de Rothschild l’avait invitée pour présenter le film documentaire dont elle est le personnage central. Réalisé par Camille Guichard, le film  a permis au public de suivre Stella Baruk dans ses conférences et ses enseignements, démontrant ses talents pédagogiques. Le documentaire nous entraîne également sur les traces de Stella Baruk à Beyrouth et à Safed, à la poursuite des images de son enfance et de la tombe de son grand-père, lui aussi ancien instituteur de l’Alliance, qu’elle finira par retrouver dans un cimetière de Safed. Très émue, Stella Baruk a lu un passage d’un rapport écrit par son père et envoyé au secrétaire général de l’Alliance Jacques Bigart, pour montrer à quel point la qualité de la langue française dans laquelle elle a baigné pendant son enfance a influencé son rapport au langage. Comme elle le dit, elle parlait le français que d’autres écrivaient. La musique est aussi très présente dans sa mémoire, et le film s’achève par une berceuse magnifiquement chantée par Stella elle-même.

Stella Baruk s’attache depuis plusieurs décennies  à expliquer  qu’il « n'y a pas de troubles en mathématiques, il n'y a que des enfants troublés », comme l’indique le titre du film. Le trouble provient avant tout d’un problème de langage et de compréhension. Faire la différence entre un concept mathématiques, le nombre, et un outil quotidien de quantification, le nombre de…, est un des moyens de rendre intelligible la démarche mathématique. Si l’on n’explique pas clairement à un enfant que 3 pommes et 2 oranges dans un panier ne peuvent correspondre à 5 fruits qu’à la condition expresse d’avoir exprimé l’équivalence pomme =fruit et orange=fruit, alors on risque d’obtenir des résultats les plus fantaisistes aux problèmes posés. Stella Baruk insiste sur l’analyse féconde des erreurs commises par les élèves, et sur le rôle de l’enseignant qui ne devrait pas être de sanctionner sèchement par une note, mais d’accompagner l’élève dans la compréhension de sa propre erreur. Si par exemple on demande à un élève d’écrire en chiffre « soixante-trois », et qu’il répond 57, lui donner 0/10  ne sert à rien. Il faut comprendre que le signe – peut signifier deux choses différentes selon les contextes, soit « trait d’union », soit « moins », signe de l’opération soustraction.

Baruk1Ce très bref résumé des thèses de Stella Baruk a été largement développé pendant la soirée, au grand plaisir des participants, parmi lesquels plusieurs enseignants de mathématiques dont certains étaient venus de Marseille pour écouter la didacticienne. Un dialogue fécond s’est instauré avec les enseignants, encouragés par les idées de Stella Baruk, mais incapables de les mettre en œuvre dans un système scolaire aux classes surchargées, qui valorise le résultat au détriment du raisonnement. Pour les aider, Stella Baruk vient de faire paraître aux  éditions Magnard un manuel scolaire reprenant ses méthodes.

Très attachée à l’Alliance à travers ses parents, Stella Baruk est aujourd’hui membre active de la Commission de réflexion sur la culture scientifique. Les écoles du réseau scolaire de l’Alliance espèrent bien pouvoir profiter de son expérience.

Une dernière expérience : posez à un enfant de votre entourage le problème suivant : dans une classe, il y a quatre rangées de sept bureaux. Quel est l’âge de la maîtresse ? Si l’enfant répond « 28 ans », allez rapidement consulter son instituteur.

 

JCK

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